menu Menu
Previous Benedetta, Paul Verhoeven (2021) : critique Next

Cinéma, séries : visionnages du 1er au 31 janvier 2021

Nouvelle année qui démarre, avec comme unique série au compteur Lupin, sur laquelle je crois avoir un point de vue bien plus clément que ceux que j’ai lus ici et là. Côté films, le mois a été l’occasion d’en revoir certains, chose rare chez moi, en même temps que de faire quelques belles découvertes, notamment du côté de Ferrara et de Verhoeven.

You don’t Know Nomi, Jeffrey McHale (2019)

Dans l’optique de réhabiliter le film Showgirls de Verhoeven, sorti en 1995, le documentaire « You don’t know Nomi » tente de faire la part des choses entre les critiques négatives dont le film a souffert à sa sortie, son prolongement dans la vie des individus qui l’ont regardé, et le jeu de ses acteurs, décrié à l’époque. Il en résulte un pot-pourri tiraillé entre des objectifs moraux assez lourds pour un tel projet, avec des axes de développement qui se prolongent dans tous les sens. Concrètement, le documentaire donne le sentiment de valoriser le film Showgirls parce que le milieu drag queen ainsi que certaines femmes en ont fait un objet à haute valeur symbolique, prêtant à être vu et revu, comme un film culte, à la façon d’un « Rocky Horror Picture Show », par exemple ; d’un autre, le film est encore plus enfoncé qu’il ne l’a été à cause de parallèles qui sont dévoilés comme étant donnés, alors qu’ils prêtent à débat. Sont ainsi mis sur le même plan deux expériences d’actrices, comme celle de Elizabeth Berkley et de Sharon Stone pour faire de Verhoeven une sorte de mégalomane tortionnaire, adepte des performances extrêmes (en référence à la fameuse scène dans Basic Instinct pour la seconde). Dans la même veine, le film se retrouve accusé de racisme parce qu’un personnage noir souffre, car son histoire serait un prétexte à la valorisation de Nomi Malone, blanche. Sous prétexte d’interroger la forme et le fond, le documentaire, un peu long par ailleurs, se retrouve donc à taper dans tous les sens, sans vraiment parvenir à tirer son épingle du jeu, puisqu’on en sort sans se dire qu’on a retiré grand chose. C’est dommage.

Invasion, Hugo Santiago (1969)

Film argentin de la fin des années 60, il semblerait que Invasion ait connu certains remous quant à sa diffusion, puisqu’il a été perdu pendant des années, pour être retrouvé en 2004. L’idée, simple, est étirée à l’envi : des hommes sont dans un groupe que l’on devine résistant, chargé par un vieil homme, cacique de la ville, de la défendre corps et âme contre un envahisseur mystérieux, qui se compose d’hommes de la même trempe, sauf qu’ils sont tous dans des costumes clairs, là où les premiers déambulent systématiquement en costume foncés, voire noirs. Le premier groupe tombe au fur et à mesure, jusqu’au dernier survivant, avec le film se concluant sur le chef des troupes, qui envoie un second groupe perpétué la mission du premier, dont on a uniquement aperçu les préparatifs tout au long de « Invasion ». Il y a chez les ennemis en costume blanc un effet annonciateur des films de zombies à venir dans les décennies suivantes. Mis à part ce contraste entre le noir et le blanc d’un côté, à l’image de la pellicule, il n’y a pas grand chose à dire d’autre de Invasion, qui ne lorgne du côté de la métaphore. Le plan de la ville laisse aisément deviner que nous nous trouvons dans un alias de Buenos Aires. L’idée des gentils qui se battent sans fin contre des méchants aux mobiles inconnus et aux actes par conséquent absurdes en font un film concept ancré dans son temps, avec l’idée des résistants contre le fascisme. Une fois qu’on a dit cela, il n’y a plus rien à ajouter, tant le film ne se démarque jamais vraiment, hormis pas sa plastique, parfois pleine de grâce.


Previous Next

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Cancel Post Comment

keyboard_arrow_up